Appel à la mobilisation en France pour un dépistage organisé du cancer de la prostate

Le cancer de la prostate est le premier type de cancer chez l’homme et représente 23 % des cancers. En France, ce taux est de 26 %, soit 1,34 fois supérieur à la moyenne européenne pour 100 000 habitants. Quant à la gravité : 8100 morts par an — 1 toutes les heures! Le cancer de la prostate est donc plus meurtrier chez l’homme que le cancer colorectal ou celui du poumon. Peu d’actions sont menées pour l’information et le dépistage précoce des cancers spécifiques aux hommes. L’Europe et la France envisagent d’étudier en 2022 l’opportunité d’étendre la détection précoce des cancers à celui de la prostate.

Notre objectif est de faire de cette possibilité une réalité, grâce à une mobilisation massive et le soutien du monde médical, politique, médiatique, etc.

Quels sont les cancers les plus fréquents ?

Chez les hommes, les principaux sièges de cancer sont le cancer de la prostate avec 23 % de nouveaux cas diagnostiqués en 2020, suivi du cancer du poumon (14 %) et du cancer colorectal (13 %).

Le cancer de la prostate est la deuxième cause des décès dus au cancer chez les hommes (10 %) ; il est au quatrième rang des cancers les plus mortels tous sexes confondus.

Le cancer est la deuxième cause de mortalité dans l'UE après les maladies cardiovasculaires. Le bilan de l’OCDE indique que l’on s'attend en 2020 à ce que 7 millions de personnes dans les 27 pays de l'UE reçoivent un diagnostic de cancer et près de 1,3 million en meurent. Plus de 40 % des cas de cancer sont évitables, et la mortalité peut également être réduite grâce à un diagnostic plus précoce et à la fourniture de traitements plus rapides et plus efficaces.

Quels sont les plans pour vaincre le cancer ?

Le Plan européen pour vaincre le cancer est validé en février de chaque année. Celui de 2021, d’un montant de 4 milliards d’euros, est articulé autour de 4 axes et 10 initiatives. Le deuxième axe concerne le dépistage précoce des cancers du sein, du col de l’utérus et colorectal avec pour objectif que 90 % de la population européenne se voie proposer un dépistage d’ici 2025.

Rappelons que le dépistage, dans une population en bonne santé, des sujets qui ont un cancer mais ne présentent pas encore de symptômes, permet d’augmenter considérablement les chances de réussite du traitement. La détection repose aussi sur l’éducation des patients au diagnostic précoce : les « signes d’alerte ».

À l’occasion de la révision du Plan européen en 2022, il est prévu d’étudier la mise en place du dépistage précoce des cancers de la prostate, du poumon et de l’estomac.

En France, la Feuille de route 2021-2025, inscrite dans la Stratégie décennale française de lutte contre les cancers 2021-2030, reprend les 4 axes du Plan européen. Elle prévoit de réaliser chaque année, d’ici à 2025, 1 million de dépistages, en plus des 9 millions déjà réalisés chaque année.

Une nouvelle Feuille de route sera établie pour la période 2026-2030 avec une action de recherche pour développer de nouveaux dépistages du cancer de la prostate. Toutefois, au niveau des fiches actions de la Feuille de route relatives à la préparation au dépistage de demain, le focus est mis sur le cancer du poumon et uniquement en fonction d’une balance bénéfice/risque favorable.

Quels sont les moyens de dépistage précoce du cancer de la prostate ?

Le taux de PSA permettra de diagnostiquer les cancers biologiquement actifs et donc de diminuer le risque de mortalité. Le PSA se mesure facilement par un test sanguin ; c’est un diagnostic précoce dont le résultat doit être interprété par un urologue.

Un bilan de l’Association européenne d’urologie (EAU) indique que 48 % des hommes européens sont conscients des risques du cancer de la prostate et qu’environ la moitié des médecins généralistes font la promotion du test PSA. L’Association plaide en faveur d'une nouvelle stratégie basée sur une sensibilisation accrue au niveau de l'UE, promouvant le dépistage par le PSA avec un traitement dans des centres de cancérologie spécialisés

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Il faut militer pour une détection précoce collective

Suite à augmentation des cas du cancer de la prostate en Europe,  c’est le moment d’intégrer un programme détection précoce affirme de secrétaire adjoint de l’EAU Prof. Hendrik Van Poppel.

https://uroweb.org/eau-focused-strategy-to-encourage-timely-detection-pca/

Voir le  PLAN EUROPEEN POUR VAINCRE LE CANCER (p. 17). Nous avons besoin du soutien du gouvernement français pour convaincre la commission que la détection précoce du cancer de la prostate  est une priorité. Il faudrait le rajouter à la liste des cancers qui figurent comme prioritaires sur le programme que la Commission va étudier sur la détection précoce.

2021 01 25 Communication - Europe's Beating Cancer Plan v.24 - CLEAN EVENING (europa.eu)

En ce qui concerne l’accès, la Commission présentera, d’ici à 2022, une proposition visant à mettre à jour la recommandation du Conseil relative au dépistage du cancer afin de garantir la prise en compte des données scientifiques disponibles les plus récentes. La possibilité d’étendre le dépistage ciblé à d’autres cancers que le cancer du sein, le cancer colorectal et le cancer du col de l’utérus (par exemple, les cancers de la prostate, du poumon et de l’estomac) sera examinée. Ces travaux s’appuieront sur les avis du groupe des hauts conseillers scientifiques de la Commission européenne, prévus pour début 2022 au plus tard. Ils tiendront compte de l’évolution récente des technologies de dépistage du cancer et évalueront les progrès réalisés dans les domaines de la médecine personnalisée, de l’intelligence artificielle, des mégadonnées et d’autres technologies ainsi que de l’assurance de la qualité opérationnelle.

Quel est le coût du dépistage précoce du cancer de la prostate ?

En Europe il y a actuellement plus de 2 millions d’hommes qui vivent avec un cancer de la prostate, environ 450 000 nouveaux cas par an, dont 50 % à un stade métastatique.

  • Un traitement à partir d’un stade avancé est d’environ 500 000 €

  • Un traitement à un stade précoce est d’environ 5 000 €

  • Un IRM est d’environ 300 €

  • Un test PSA coûte moins de 10 €

Le coût de la détection précoce est moindre par rapport à une position non-interventionniste du cancer de la prostate.

La prise en charge de cette maladie, extrêmement agressive, est très onéreuse pour l’individu ainsi que la société.

Quelle est la position des autorités sanitaires sur le dépistage précoce ?

Les autorités sanitaires françaises et internationales considèrent qu’en l’état actuel des connaissances il n’y a pas lieu de mettre en place de programme de dépistage systématique du cancer de la prostate par dosage du PSA. C’est un cancer dit de bon pronostic avec un taux de survie à 5 ans de plus de 90 %, avec un taux de mortalité de 8,2 pour 100 000 cas, 75 % des décès étant observés après 75 ans.  Mais pour les personnes jeunes, le diagnostic est souvent réalisé à un stade trop avancé pour permettre un traitement efficient.

 

L’avenir proche

Le Plan Européen pour Vaincre le Cancer (Beating Cancer Program)

Nous avons besoin du soutien de la France et nous espérons que la commission va rajouter aux trois cancers prioritaires : l’utérus, le sein, le colorectal, trois autres : la gastrite, le poumon et la prostate. Le parlement européen va voter cette année et nous avons besoin du gouvernement français pour nous soutenir afin que la commission rajoute la détection précoce du cancer de la prostate au programme pour vaincre le cancer.